
Loger
& accompagner
Récit • 6 minutes de lecture
Face à la crise du logement, qui s’est aggravée en 2024, les solutions du logement accompagné démontrent, chaque jour, toute leur pertinence. Elles protègent les plus fragiles, s’adaptent à la diversité des parcours de vie, créent, pour beaucoup, les passerelles nécessaires vers un logement durable et ordinaire. Elles rendent encore possibles les évolutions et les changements de vie, sur un marché du logement largement figé, notamment pour les plus modestes…
En 2024, plus que jamais, Aréli reste mobilisée sur son cœur de métier : le logement accompagné.
Analyse des données clés de l’année 2024, éclairées par les témoignages de ceux qui sont au cœur de l’activité : les professionnels et les résidents.
En 2024, Aréli compte 1832 logements au sein de pensions de famille, résidences accueil, résidences seniors, résidences de logements temporaires, résidences jeunes travailleurs, et résidences locatives classiques.
Quels sont les points communs de toutes les solutions logement proposées par Aréli ?
Le premier, c’est de s’adresser en priorité à ceux qui ont le plus de mal à se loger. Et, pour des raisons diverses, ils sont de plus en plus nombreux : personnes en situation de rebond après une rupture sociale ou personnelle, retraités à revenus modestes, mais aussi jeunes débutant dans la vie active, salariés en mobilité, en formation ou en contrat court.
Il s’agit de solutions logement spécifiques, peu courantes sur le marché du logement classique.
Les résidences de logements temporaires, par exemple, proposent majoritairement des studios meublés, « prêts à habiter », économiques. Avec un loyer qui prend la forme d’une redevance forfaitaire « tout compris » (loyer + tous les frais liés à l’occupation du logement, dont les charges locatives, les charges d’eau et d’énergie). C’est une solution idéale pour tous ceux qui doivent se loger rapidement, sans investir trop d’argent, pour une durée courte ou incertaine : un CDD, une mission d’intérim, une mobilité géographique, une phase transitoire après une séparation personnelle, par exemple.
Autre illustration : les résidences seniors. Elles proposent des appartements adaptés à l’avancée en âge, mais avec un service ajusté, sans superflu, pour contenir le prix des loyers, et convenir à des retraités aux revenus moyens et modestes. Une offre rare sur le marché.
Deuxième point commun, essentiel : ces logements se situent au sein de résidences collectives dotées de services, dont un service central d’accompagnement, à vocation sociale. Celui-ci, clé de voûte de l’offre d’Aréli, est modulé en fonction de la vocation de la résidence.
Il est souple et individualisé dans les résidences de logements temporaires et résidences de jeunes travailleurs. Là, il s’agit surtout de coordination et d’orientation vers les services utiles pour régler une problématique d’emploi, de santé, préparer un relogement dans le parc traditionnel… Une mission remplie par les équipes d’Aréli présentes dans chaque résidence : responsable de résidence, travailleurs sociaux, et coordinatrice santé.
Cet accompagnement est renforcé dans les pensions de famille. Ces résidences accueillent des personnes fragiles et isolées qui ont souvent connu des périodes d’errance.
Le logement accompagné : du logement utile, avec du collectif, des services, un accompagnement



A cet accompagnement s’ajoute une gestion locative adaptée, et de proximité.
Re(mettre) le pied à l’étrier
Le taux de rotation, dans les résidences de logements temporaires atteint 31 % en 2024. Les résidents restent en moyenne 2 ans. Ces durées traduisent bien la vocation de ces structures : permettre un accès à un logement ordinaire et travailler activement en ce sens.
« C’est surtout un accompagnement vers un logement plus durable », confirme Camille Gambier, qui encadre les 13 travailleurs sociaux intervenant dans les 10 résidences de logements temporaires d’Aréli, comptant entre 40 et 103 logements. Mais comme la vie ne cloisonne pas les sujets, « nous épaulons aussi le résident dans d’autres démarches : l’accès aux droits, la santé, l’insertion professionnelle. »


Voir aussi :
Le métier de coordinatrice santé chez Aréli
Une journée avec Doriane Germe
Audio • 6 min



"C'était une période de transition, positive, active"
Un cas concret en 2024 ? Celui d'un jeune homme de 25 ans, qui a passé 7 mois à la résidence Ailys à Dunkerque. « C’était pour lui un « sas » entre un séjour en appartement thérapeutique et un logement chez un bailleur partenaire », explique Afrim Bytyqi, travailleur social. « J’avais des rendez-vous réguliers avec Afrim. Avec lui, j’ai pu mettre à jour toute ma situation administrative et me préparer à la suite. Je me sentais bien dans le logement meublé que j’occupais. Je pouvais y accueillir mon enfant pour le week-end », raconte le résident. « C’était une période de transition, positive, active », confirme Afrim.
Un accompagnement et un logement qui permettent de rebondir ou de saisir de nouvelles opportunités donc.
Ou de bien commencer dans la vie…
Généralement plus précaires, plus mobiles, et dans des situations moins stables, les jeunes (18-29 ans) ont proportionnellement encore plus de mal à se loger que le reste de la population.
A la résidence de jeunes travailleurs Arouet, à Lille, Aréli loge 143 jeunes, âgés de 18 à 25 ans. 14 % sont étudiants, 63 % en contrat d’apprentissage ou en emploi. Certains ont eu un parcours dit ASE (aide sociale à l’enfance) et bénéficient de l’EVA ou de la garantie jeunes.
Ces jeunes arrivent à la résidence, avec un parcours d’études ou d’emploi à consolider ou à poursuivre, et bien souvent sans avoir jamais eu un logement « à eux ». En 2024, la majorité des arrivants vivaient jusque-là chez des proches ou en structure d’hébergement (68 %).
Majoritairement aussi, ils quittent la résidence pour un logement autonome (61 %). Preuve qu’ils ont su et pu mettre à profit le temps passé pour poursuivre leurs études, construire un projet professionnel ou entrer dans la vie active.
Aidés, lorsqu’il le faut, par l’équipe de la résidence. Un exemple ? « Je pense à Abby et Anthony, un jeune couple arrivé en 2023 au sein de la résidence », explique Barbara Cuiburu, travailleur social. « Ils étaient tous les deux encore apprentis, l’un en ressources humaines, l’autre en comptabilité. Abby avait aussi des démarches à faire pour régulariser sa situation administrative. Nous les avons épaulés, en souplesse, dans leurs démarches. Nous avons travaillé avec eux sur leur budget. Ils se sont beaucoup investis dans le conseil de vie sociale. » Un autre apprentissage, de la vie en société ! Quand Anthony a terminé ses études et obtenu un emploi, le jeune couple a pu rapidement accéder à un autre logement dans le parc social.

Bien vieillir
Depuis 2017, Aréli gère également des résidences seniors. Ce ne sont pas des résidences de logement accompagné en tant que telles. On parle ici de résidences de logement avec service.
Quoi qu’il en soit, l’offre vise aussi ici à apporter une solution qui existe peu sur le marché : un logement qualitatif, dans une résidence collective, avec un niveau de services sans superflu pour que le loyer reste accessible.
«Nous accompagnons nos locataires dans la mise en place, au moment opportun, des services dont ils peuvent avoir progressivement besoin, comme l’aide à domicile ou le portage de repas. » explique Tatiana Smolen, responsable de la résidence La Balade de Jeanne à Beuvrages, l’une des 5 résidences seniors d’Areli. Cette résidence compte 45 logements, T2 ou T3, en plein centre de Beuvrages, à 5 kms de Valenciennes.
« Nous sommes présents au quotidien dans les résidences et donc en mesure de repérer les signes de fragilité chez nos locataires. Nous les orientons ensuite vers les acteurs locaux qui peuvent les soutenir au mieux. »
Dans les résidences seniors, la vie collective est encouragée. Par la présence d’une salle collective, dotée d’une cuisine notamment. « Parmi les actions de l’année, nous avons mis en place un partenariat avec la crèche du quartier. Chaque mois, un groupe de nos locataires passe du temps avec des enfants de la crèche : ils leur lisent des histoires ; ils jouent avec eux. ». L’effet ? Vieillir moins vite, ou dans de meilleures conditions sans doute ! De multiples études l’ont prouvé : les activités et les liens créés aident à se maintenir en bonne santé.
Retrouver une stabilité
A l’autre bout du prisme : les pensions de famille et résidences accueil. Ici aussi, il s’agit de logements pérennes. Mais pour un public beaucoup plus précarisé. Les pensions de famille et les résidences accueil s’adressent en effet à des publics isolés, à très faibles ressources, fragilisés par des troubles psychiques s’agissant des résidences accueil… Aréli compte 4 pensions de famille et 1 résidence accueil. Une nouvelle pension de famille ouvrira à Lille en 2025, suivie d’une résidence accueil à Hellemmes en 2026. L’association travaille sur d’autres projets d’ouverture, en lien avec des partenaires bailleurs, villes et établissements de santé mentale.
Ces logements permettent aux personnes de se stabiliser. « Avant, j’étais à la rue, je dormais dans des caves. Une association d’aide m’a orienté vers Aréli. L’arrivée à la pension de famille, pour moi, c’était comme un nouveau départ. Avoir un logement à moi, être accompagné, m’a donné de la motivation pour remettre de l’ordre dans ma vie : ma situation, mes papiers, ma santé. L’accompagnement m’a aidé à trouver de nouveaux repères, à faire face aux situations difficiles, à prendre les bonnes décisions », témoigne un résident.

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quelques brèves...

Une note de 3,8 / 4 pour la qualité de service de la résidence Arouet
En 2024, la qualité de service et d’accompagnement de la résidence de jeunes travailleurs Arouet a fait l’objet d’une évaluation externe, comme le prévoit la réglementation.
L’évaluation a débouché sur une excellente note de 3,8/4. Les points particulièrement appréciés : le respect des droits et de la vie privée des résidents et la bonne gestion des risques de maltraitance.

10 logements en habitat inclusif au sein de l’EVA de la résidence Henri Convain
La résidence Henri Convain, à Lille, abrite l’EVA - pour Espace de Vie Adapté. Sur un étage de la résidence, l’EVA propose 22 logements d'habitat inclusif avec des services, pour des retraités en situation de précarité.
Depuis le 1er janvier 2024, 10 de ces logements bénéficient de l’Aide à la Vie Partagée (AVP), dispositif impulsé, sur le territoire, par le Département du Nord. Autrement dit, ces logements sont réservés à des personnes qui souhaitent partager, en plus des lieux et des équipements, des moments, des activités et un projet de vivre ensemble. Une professionnelle est présente pour animer, coordonner et accompagner cette vie partagée.
Soutenir le bien vieillir dans les résidences seniors
Sur la période 2024-2025, des ateliers sont proposés dans les 5 résidences seniors d’Aréli pour répondre aux besoins exprimés en matière de prévention de la perte d’autonomie.
4 cycles sont mis en place dans chaque résidence : activité physique, alimentation, mémoire et bien-être. Ces ateliers ont pour objectif de maintenir l’autonomie, prévenir les risques liés au vieillissement (chutes, dénutrition, troubles cognitifs, isolement) et favoriser le bien-être au quotidien. Chaque cycle combine des temps de sensibilisation ouverts à tous et des ateliers pratiques en petits groupes, animés par des partenaires spécialisés.
L’action est soutenue par le Département du Nord et la CARSAT Hauts-de-France, dans le cadre d’un appel à projets en faveur de l’autonomie des locataires du parc social.
Toujours plus de partenariats au service de la qualité de l’accompagnement et de l’activité
En 2024, plusieurs actions, conventions et partenariats ont été conclus pour renforcer la qualité de l’accompagnement des résidents.
Parmi les avancées notables :
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Des conventions ont été signées avec plusieurs CPAM de la région, offrant aux travailleurs sociaux d’Aréli un accès « partenaires » aux plateformes. Cet accès direct facilite les démarches d'accès aux droits en matière de santé des résidents.
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Des permanences de la CPAM ont été mises en place dans certaines résidences, notamment à la résidence de jeunes travailleurs Arouet.
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Des rencontres régulières ont été instaurées entre les travailleurs sociaux d’Aréli et les conseillers de LMH, pour un suivi plus fluide et structuré des demandes de logements des résidents accompagnés.
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La convention avec la Mission Locale Val de Lys – CLEJ a été renouvelée et étendue à Roubaix et Wattrelos. Elle permet d’accueillir des jeunes orientés par la Mission Locale dans les résidences de logements temporaires de ces villes. Le dispositif inclut une garantie financière en cas d’impayés de loyer ainsi que des interventions rapides en cas de besoin.